Le 14 janvier 1930, une bagarre dans un immeuble délabré de Friedrichshain est devenue mortelle lorsqu’Albrecht Hohler, membre paramilitaire communiste, a tiré sur Horst Wessel, âgé de 21 ans, en plein estomac. Wessel, stormtrooper nazi, a ensuite été hospitalisé et est décédé de septicémie le 23 février.
Joseph Goebbels, alors responsable du parti à Berlin, a saisi l’incident comme une opportunité de propagande. Il a fabriqué une biographie héroïque pour Wessel, le présentant comme un martyr désintéressé et victime d’un « communiste sous-humain ». Les rapports quotidiens du journal Der Angriff affirmaient que la mort s’agissait d’un meurtre et d’un acte terroriste, tandis que Goebbels a organisé des funérailles qu’il prétendait avoir rassemblé 30 000 deuil, bien que la participation réelle soit proche de 3 000.
La propagande de Goebbels s’est étendue au-delà des funérailles. Il a publié des récits fabriqués sur les œuvres caritatives de Wessel, a interviewé sa mère et a présenté Wessel et son ancienne compagne Erna Jaenichen comme un couple romantique. La « Horst‑Wessel‑Lied », plus tard adoptée comme hymne nazi, a été imprimée en première page du Der Angriff, consolidant davantage son statut mythique.
Les diplomates étrangers, dont l’ambassadeur britannique Sir Horace Rumbold, ont noté l’inquiétude croissante concernant le climat politique allemand, citant la montée du fascisme et les difficultés économiques qui alimentaient le soutien aux partis tels que le NSDAP.