L’article, publié par Literary Hub, évoque les premières expériences de l’auteure lors d’une conférence d’écrivains à Middletown, Connecticut, où elle a observé une salle d’auteurs aspirants animés par une « fièvre sèche d’ambition ». À vingt‑cinq ans, l’auteure naviguait entre la première et la deuxième année d’un programme MFA de fiction, entourée de pairs terrifiés par leur inévitabilité d’inutilité.
L’essai s’appuie sur trois scénarios distincts pour illustrer la nature omniprésente de l’insécurité des écrivains. En 2017, l’autrice a examiné les candidatures pour une bourse de deux ans dans une petite université du Midwest, notant que les candidats listaient souvent des publications mineures et des classements dans des concours comme preuve principale de leur valeur. En 2012, lors d’une résidence d’artiste, elle a observé que, tandis que les artistes visuels et les musiciens produisaient un travail tangible, les écrivains revenaient souvent au dîner épuisés par la nature intangible et anxiogène de leur labeur.
Un troisième exemple de 2021 met en avant la revue littéraire en ligne 3:AM Magazine, que l’auteure décrit comme brièvement tristement célèbre pour avoir publié un poème controversé. Elle note que la mise en page du magazine privilégiait les gros portraits d’auteurs au détriment du texte lui‑même, suggérant un changement culturel où l’image de l’écrivain l’emporte souvent sur l’œuvre.
L’auteur soutient que les conseils thérapeutiques courants, tels que l’affirmation « Mon écriture n’est pas un reflet de ma valeur », peuvent involontairement renforcer les mêmes insécurités qu’ils cherchent à atténuer. En se concentrant sur une faible estime de soi, les écrivains peuvent se retrouver piégés dans un cycle d’évaluation de leur valeur en fonction de leur production. L’essai conclut que l’écriture est fondamentalement difficile à dissocier de l’être, et que la lutte contre le doute de soi constitue une caractéristique déterminante du processus créatif.